L’histoire
Il existe un coin de Franciacorta qui ne ressemble à aucun autre : le Monte Orfano, une crête isolée qui s’élève dans la plaine de Brescia entre Erbusco, Rovato, Cologne et Coccaglio. C’est la seule formation géologique d’origine marine de Lombardie, un conglomérat rocheux d’une dureté exceptionnelle qui raconte une histoire vieille de plusieurs millions d’années, bien avant que la vigne ne s’y enracine. C’est sur son versant sud qu’en 1964 Giuseppe Lenza entreprend de restaurer les anciennes terrasses abandonnées après l’épidémie de phylloxéra du début du XXe siècle, redonnant vie à un paysage qui semblait perdu. Aujourd’hui, son fils Vittorio et son petit-fils Matteo poursuivent ce travail avec une approche qui demeure fidèle d’abord à la terre, puis à l’œnologie — une vinification naturelle, souvent éloignée des conventions de l’œnologie moderne, pour rester fidèle à la vocation du lieu. La Riserva 2005, dédiée au fondateur, est issue du Chardonnay cultivé dans la plus ancienne vigne du domaine et repose sur ses lies pendant au moins 120 mois — dix années silencieuses en cave avant de parvenir au verre. Ce vin ne raconte pas seulement un millésime : il raconte un lieu, et l’homme qui eut le premier le courage d’y croire.
Le moment
Je l’ai bu à sa source : Giuseppe Lenza tenait à ce que je sois auprès de lui, parmi les terrasses du Monte Orfano, pour l’ouvrir ensemble. Il est rare d’entendre l’histoire d’un vin racontée par celui qui l’a écrite de ses propres mains.
